Vendredi 7 août 2009
5
07
/08
/2009
15:11
Nicolas est de retour à bord d'Esprit Voile 50 cet après-midi, après douze heures de sommeil pour récupérer
d'une étape éprouvante. « Deux jours au près dans le golfe de Gascogne : long et physique », commente Nico, 37e hier soir à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
« Nous sommes partis de La Corogne dans la pétole, revient le skipper. Au départ, je me suis lancé à droite sur le bon côté du plan d'eau. A la
bouée Radio France, j'étais avec les vingt premiers. La nuit, nous nous sommes battus sous spi dans la pétole. J'ai lofé pour aller dans le nord et le vent est monté d'un coup à 15 noeuds. Nous
sommes partis sous génois au reaching puis au près et près bon plein. Nous avons tiré un long bord à travers le golfe de Gascogne. Nous avons constamment eu du vent : entre 15 et 20 noeuds. Nous
sommes restés à la barre pendant des heures pour suivre au mieux toutes les oscillations du vent. J'étais tout le temps en train de régler. »
Ciel plombé
Les conditions météo ont été mornes. « C'était toujours couvert : ciel plombé, mer grise avec de la houle. La flotte était resserrée. On se voyait tous. Nous
étions au contact. La deuxième nuit, j'ai eu des orages impressionnants au beau milieu du golfe. Un truc de malade ! Il faisait pleine lune. On voyait comme en plein jour. J'avais des vibrations
tout autour du bateau, comme lorsque l'on va prendre la foudre. J'ai eu peur pour mes instruments électroniques. Mon aérien, en tête de mât, a cessé de fonctionner pendant un moment. Je n'avais
plus d'indications sur le vent. J'ai cru qu'il était grillé. »
Mobylettes et Ferrari
« Les premiers vont vraiment plus vite que le reste de la flotte. Nous sommes en mobylette pour suivre des Ferrari... Leur niveau de préparation et
d'entraînement est élevé. Jérémie Beyou a lofé au-dessus de la route directe vers Saint-Nazaire. Ceux qui ont fait comme lui ont eu du vent plus soutenu que le reste de la flotte. J'ai voulu rester
en dessous de la route, pour anticiper un refus du vent et faire la cuillère à la bouée de Saint-Nazaire. Il y a bien eu ce refus, mais pendant une à deux heures seulement. Ceux qui étaient
au-dessus de la route ont accéléré énorme ! Nous les avons vus partir devant en l'espace d'une ou deux heures. Yann Eliès (vainqueur de la première étape) a dû descendre aussi chercher le refus.
Nous avons navigué à vue ensemble. Il termine 30e. »
15 noeuds sous spi
« Je n'ai pas eu de casse sur le bateau. Je préserve « la bête ». Mais j'ai dû gérer
un gros « vrac » à la bouée de Saint-Nazaire... J'étais à l'intérieur pour monter le spi sur le pont. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Un
mousqueton a dû heurter un bouton de la centrale électronique. Le pilote s'est coupé et le bateau et parti au tas, à contre, ballast sous le vent... J'ai fait un 360° pour repartir sur la bonne
route. J'ai perdu 300 à 400 mètres. Il a fallu regagner des places sur le final. Nous avons eu un long bord de spi : vingt milles de vent arrière jusqu'à l'île d'Yeu. J'ai relofé après la dernière
marque pour rejoindre l'arrivée à Saint-Gilles. Le vent n'a cessé de monter : 25 noeuds. Le bateau était à fond sous spi : 12 à 15 noeuds de vitesse ! »
Nicolas a coupé la ligne hier soir à 21 h 21, une heure derrière le vainqueur Jérémie Beyou. Trente-sept bateaux en une heure, après plus de deux jours de course à travers la houle du golfe de
Gascogne : le niveau sportif de cette Solitaire du Figaro 2009 est exceptionnel !
Par Objectif Large Sailing Team
-
Publié dans : La Solitaire du Figaro
-
1
-
Recommander
bon vent l'ami